Le mouchard sur le toit

Quelque part en Bretagne pendant le confinement... 20 auteurs bretons de premier plan conjuguent leurs talents pour dérouler un roman-feuilleton collectif totalement inédit, plein de suspense. Le mouchard s'appelle Gestapo, ça promet !

Le mouchard sur le toit (chapitre 5)

Le mouchard sur le toit (chapitre 5)

Marcel tournait en rond dans la salle, perdu dans une maison inconnue sans téléphone, dans un village dont il ne connaissait pas le nom, avec Germaine et sa vieille mère, confiné et surveillé, dessaoulé certes, mais l’esprit encore embué par la soirée chez Joseph Kersalé à La Torche. Quelle route avait-il pris à la sortie du bar, combien de kilomètres avait-il parcouru ? Pas beaucoup dans l’état où il était ! Pas rasé, dans des vêtements hors d’âge, le visage fripé, il avait une allure de jeune vieillard, il se fit peur en se regardant dans ce qui avait dû être un miroir.

Le mouchard sur le toit (chapitre 3)

Le mouchard sur le toit (chapitre 3)

Cela faisait un moment que Fanch le Dantec était au courant du surnom dont on l’avait affublé dans le coin : Gestapo. Du temps où il était encore sensible -depuis, heureusement, ça c’était amélioré- il en avait même chopé un ulcère, qu’il avait soigné comme il pouvait. A coup d’emplâtres. Puis, il avait fini par en prendre son parti. Il s’était installé dans ce bourg perdu, aux confins du Finistère pour sa retraite. Le paradis au bout de la terre. Il avait assez vite déchanté jusqu’à regretter son passé de citadin dans la police.

Le mouchard sur le toit (chapitre 1)

Yolande Moreau (Nono)

L’aube surprit Marcel Lelièvre au volant de sa voiture, raide et mal réveillé, avec une douleur lancinante qui lui battait les tempes. Il ouvrit les yeux sur un jour blême, et les referma bien vite car le décor qui s’offrait à lui n’était pas avenant : une étendue d’eau bordée de joncs secs qu’un vent frisquet agitait, produisant un bruit agaçant.

D’ailleurs, c’était un de ces matins où tous les bruits sont agaçants.