Vous voulez rigoler ? Lisez les journaux

Contrairement à ce que disent ceux qui ne les aiment pas, les journalistes font un beau métier. Et contrairement à une idée reçue, ils ne se contentent pas de faire l’inventaire des catastrophes naturelles, des trains qui déraillent et des virus qui circulent sans respecter la moindre limitation de vitesse. Ils savent aussi trouver des informations drôles et en faire profiter leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Et c’est comme cela tous les jours.

Prenons un seul exemple : la journée du 20 mai. On y apprend que les dirigeants chinois, après avoir fait arrêter des médecins qui avaient eu l’audace d’alerter sur les dangers posés par un nouveau virus non encore officiellement reconnu par le pouvoir central, profitent de la réunion annuelle organisée par l’OMS pour se poser en grands timoniers de la lutte mondiale pour la santé. Pour ne pas être en reste –il n’y a pas de raison que Xi Jinping soit le seul à faire rigoler le monde-, Donald Trump annonce qu’il prend de l’hydroxychloroquine à titre préventif contre le Covid-19 - ce qu’aucune autorité médicale ne préconise -, au risque de mettre en danger la santé de ses admirateurs qui se risqueraient à l’imiter.

Mais ce n’est pas tout. Car la pandémie stimule fortement l’imagination de ceux qui n’ont pas peur de faire chauffer les quelques neurones qu’il leur reste. On apprend que des relais de télécommunications ont été incendiés en Isère, comme cela avait déjà été le cas ailleurs, y compris dans un département breton. La raison supposée de cette série d’actes de vandalisme ? La technologie 5G serait responsable de la propagation du coronavirus !  Et les bourses mondiales flambent parce qu’un laboratoire américain a annoncé avoir obtenu des résultats prometteurs en phase 1 des essais d’un nouveau vaccin. Sur huit personnes !

Bon,  d’accord, avec des informations de ce genre,  on rit parfois un peu jaune.  Mais, par les temps qui courent, il ne faut pas être trop difficile.

Gérard HORNY.