Plus qu’un mois de confinement ? Dommage !

Le Président de la République l’a annoncé : le confinement généralisé devrait se terminer le 11 mai. Cela m’a fait bien plaisir mais, dans le même temps, je suis bien obligé de reconnaître que cela me contrarie un peu. J’aurai la nostalgie de cette période.  Au début, cela a été un peu difficile. Mais, assez rapidement, je me suis aperçu que cette nouvelle vie ne manquait pas d’attraits. Hitchcock avait bien raison : c’est fou ce que l’on peut voir d’une fenêtre sur cour. Au début, on regarde pour le plaisir, par curiosité. Puis on finit par se prendre au jeu, par remarquer des comportements inadéquats : un appartement illuminé tous les soirs qui un jour reste dans l’obscurité (ou inversement), un studio abritant une seule personne qui se retrouve un soir peuplé d’une foule d’individus que l’on voit par transparence derrière des rideaux, des personnes que l’on ne voit jamais faire de sport partir plusieurs fois par jour en tenue de jogging, etc.  Au début je n’osais rien dire, puis je me suis fait violence, je me suis dit qu’il était plus raisonnable de signaler ces faits troublants aux responsables de l’ordre public. Comme l’a écrit l’excellent Romain Motier, citoyen de Genève, dans son remarquable Traité de la délation publié en 1947, « si les honnêtes gens étaient trop discrets et trop évangéliques, le crime prospérerait mieux encore qu’il ne le fait ».

Ce faisant, j’ai eu le sentiment de renouer avec une belle tradition familiale et de me montrer digne de mon grand-père qui, à ce que j’ai appris un peu par hasard (il était très discret sur ce point, par modestie probablement), avait été très actif entre 1940 et 1944, puis encore pendant deux ans à la Libération.  Il n’était pas seul.  Comme l’écrivait  M. Motier, « d’après des évaluations de bonne foi, il y aurait eu en France depuis six ans près de trois millions de suspects en tout genre (…) donc sans doute trois fois plus d’indicateurs de délits ou de soupçons. On peut admettre qu’il a existé dix ou douze millions de délateurs au total. Ces chiffres montrent la vitalité du pays ».

Malheureusement, je ne crois que nous soyons aussi nombreux en ce moment. La vitalité de notre pays n’est plus ce qu’elle était. Mais il faut tout de même se féliciter de l’existence des réseaux sociaux, où chacun peut tout à loisir dénoncer les méfaits de nos dirigeants et dire ce que les journalistes n’osent pas dire. Par exemple, connaissez-vous la vraie raison de la visite d’Emmanuel Macron au professeur Raoult à l’IHU de Marseille ? Je le sais de source sûre par la petite-cousine du voisin de la belle-sœur de ma copine.  Je ne le dirai pas sur un site de journalistes, qui seraient capables ensuite de prétendre que c’est une fake news. Mais je le ferai savoir à ceux qui me suivent sur mon réseau.  Les bons citoyens savent où est la bonne information.

Par Gérard HORNY.