Le SARS-CoV-2 nuit à la santé de la presse

« Silence, on coule », c’était le titre d’un journal tunisien du 9 mai dernier sur la mort annoncée de la presse écrite dans le pays.  Malheureusement,  nombreux sont les journaux à travers le monde qui pourraient publier des articles comparables sur le même thème avec le même titre.  Déjà affaiblie par le développement des nouvelles technologies de l’information, la presse écrite est en souffrance partout où le SARS-CoV-2 est passé.  Quand on est confiné, on ne va plus au kiosque chercher son journal, à supposer qu’il soit imprimé et distribué. Et, dans tous les cas, la chute vertigineuse des recettes publicitaires plombe les finances des groupes de presse.

Le record en la matière a été enregistré en Australie, où, constate le correspondant des Echos à Sidney, le groupe News Corp  a cessé d’imprimer une centaine de journaux locaux et régionaux.   On pourrait se dire que ce n’est pas grave, qu’il s’agit juste d’un changement dans les habitudes de lecture et qu’on retrouvera les mêmes informations sur internet. Ce serait une erreur. Dans le cas des journaux édités par news Corp, certains vont disparaître complètement et ceux qui survivront sous forme numérique ne donneront pas une information aussi complète : le nombre des journalistes va être divisé par trois…

Partout, les cris d’alarme se multiplient, en Tunisie, nous l’avons vu, au Maroc, au Cameroun, où une journée  « presse morte » a été organisée le mois dernier, au Québec.  Tout près de chez nous, en Suisse, la presse écrite francophone va mal.  En France, on le sait, la situation est encore aggravée par les problèmes de distribution et la liquidation des filiales de Presstalis.

Décidément, ce virus nous aura joué beaucoup de mauvais tours. Et il continue d’en jouer en Chine où six journalistes sont encore emprisonnés pour avoir diffusé des informations indésirables sur lui.  Il n’y a guère que les censeurs qui lui résistent bien…

Gérard HORNY.