Le changement, c’est maintenant

Le changement, c’est maintenant, puisque le Premier ministre vient d’annoncer les mesures qui seront prises pour assurer  le déroulement le moins mauvais possible de la sortie du confinement. Pourquoi le moins mauvais et non pas le meilleur ? Parce que, de toute façon, on sait qu’un tel plan ne peut satisfaire tout le monde. Chacun a des priorités différentes : certains trouveront que leur sécurité n’est pas assez garantie, d’autres trouveront qu’on les empêche inutilement d’exercer normalement leur activité ; certains jugeront que l’on met en danger la vie de leurs enfants, d’autres seront soulagés de les voir enfin reprendre le chemin de l’école, etc.  Et puis, les journalistes sont bien placés pour le savoir : dans notre pays, la seule attitude jugée correcte est la critique impitoyable du pouvoir en place, quel qu’il soit. Si on approuve ce qui est fait au sommet de l’Etat, on est complaisant ou servile, voire acheté. Enfin, le sujet particulièrement sensible de la santé se prête particulièrement bien à toutes les critiques. Et le Premier ministre, en refusant aux députés un délai de réflexion pour se prononcer sur son plan, a fait tout ce qu’il fallait pour susciter les commentaires les plus aigres.

Mais, plus fondamentalement encore, le changement c’est maintenant si l’on songe à ce que sera notre pays dans quelques années ou quelques décennies.  Le grand sujet du moment, c’est le monde d’après qui, bien évidemment, devrait être meilleur, plus sûr, plus solidaire, plus soucieux de l’environnement que le monde d’hier.  Le problème, c’est que la crise économique qui accompagne la crise sanitaire impose des décisions rapides : il faut sans tarder décider d’aider tel secteur en panne ou telle entreprise au bord de la faillite.  Les choix doivent être faits très vite, sans être discutés sur la place publique : si l’on prend trop le temps de la réflexion, l’entreprise qui aurait pu être sauvée aura disparu. Ainsi les arbitrages effectués dans toutes les capitales et à Bruxelles en ce moment-même sont déjà en train de façonner notre monde futur, sans que l’on en ait conscience.

Ceux qui ont des idées à proposer pour l’après-coronavirus sont priés de se manifester tout de suite. Demain il sera trop tard.

Gérard HORNY.