Et si je me réinventais…

Le président Macron vient d’appeler les Français à « se réinventer » dans son allocution du lundi de Pâques. Je me suis posé la question : « Si je me réinventais, comment je me referais ? » La réinvention d’un être humain, c’est pas comme la résurrection du Christ. C’est moins frappant, mais c’est plus compliqué.

Primo, la réinvention d’un être humain implique-t-elle nécessairement un rajeunissement du corps. Ce serait pas mal : finis les douleurs de partout, les semelles de plomb à ne pas monter un escalier, les pannes de toutes sortes, et plus encore…

Deuxio, la réinvention d’un être humain est-elle susceptible de régénérer un esprit alourdi de toutes les vicissitudes d’une vie parfois cahotante ? Cela implique une profonde introspection de ma part. Pour faire court, redeviendrais-je par exemple ce jeune révolté de 20 ans qui voulait changer le monde, le rendre plus beau, plus juste?

Donc, si je me réinventais, je me ferais plus beau, plus musclé, plus souple, plus intelligent avec plein d’empathie pour mes concitoyens… Même les plus cons ? Peut-être pas, quand même !

Parce qu’il y a un tertio dans ma petite histoire. Peut-on se réinventer tout seul ? Combien serons-nous encore à vouloir changer le monde après le confinement ?

Politiciens, économistes, philosophes, sociologues l’affirment : « Rien ne sera plus comme avant ! » Des spécialistes de l’Economie mondialisée, jusqu’ici biberonnés à l’ultralibéralisme, se penchent sur le fossé béant qui sépare les riches des pauvres et découvrent les vertus d’un Etat Providence. Ils vont même jusqu’à oser dire tout haut : « La dette on s’en fout ! » Oubliant leurs leçons de morale sur ces prêts calamiteux qui allaient handicaper à jamais les générations futures.

Eh bien moi je leur dis : « Continuez comme ça, les gars, les filles. Je veux bien me réinventer avec vous, à condition de ne pas oublier demain ce que vous nous dites aujourd’hui, comme vous zappez aujourd’hui ce que vous nous disiez hier. »

Alors, déconfinez moi, réinventez moi ! Maintenant tout de suite, allez vite !

Louis Le Méter.