Et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne

Les comptes du premier trimestre commencent à être publiés et ils ne sont pas brillants. Ce n’est pas une surprise. L’activité avait commencé à décliner dans certains secteurs, notamment pour toutes les activités liées au tourisme, bien avant le confinement et en mars l’économie a fonctionné à un rythme plus ou moins ralenti selon les pays, en fonction des modalités du confinement et de la date à laquelle il a été décidé. Le PIB a reculé de 4,7 % en Italie et de 5,2 % en Espagne ; en France, la baisse a été de 5,8 %. L’Allemagne n’a pas encore publié son chiffre, mais comme Eurostat estime que le PIB de la zone euro a reculé de seulement 3,8 % au premier trimestre, cela veut dire qu’elle a enregistré une  baisse de son activité bien moindre que les trois autres grands pays, probablement de 3 % au maximum.  Et, sur le plan sanitaire, son bilan est encore plus favorable, avec un nombre de décès nettement inférieur à celui qui a été enregistré en France, malgré une population plus importante (83 millions contre 67).

Dès le 13 mars, elle a pu adopter un plan d’urgence de soutien à l’économie d’une ampleur sans équivalent en Europe, d’un coût estimé à 1.100 milliards d’euros. On dira que c’est normal, puisqu’il s’agit de la première puissance économique d’Europe. C’est vrai, mais il faut dire aussi qu’elle a pu fournir un effort plus important que les autres pays parce que son budget était en équilibre (il était même excédentaire de plus de 13 milliards d’euros l’an dernier) et son endettement réduit.

Son orthodoxie budgétaire lui a été souvent reprochée : elle aurait dû dépenser plus et contribuer davantage à la stimulation  de l’activité en Europe. Son comportement au sein de l’Union et de la zone euro n’est sans doute pas au-dessus de toute critique.  Mais il va être de plus en plus difficile de lui reprocher la rigueur de sa gestion alors qu’on compte sur elle pour empêcher l’Europe de sombrer. D’ailleurs Angla Merkel a déjà prévenu ses  concitoyens qu’ils devraient contribuer plus que d’autres au sauvetage du continent.

Ainsi, l’économie, c’est comme le foot : à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne. Mais si cette règle se confirme, nous avons tout de même un petit motif d’espoir, car comme toutes les règles celle-ci a ses exceptions : au foot, il arrive parfois que ce soit la France qui gagne !

Gérard HORNY.