Des lendemains qui chantent

Jours heureux (Nono)

Ce matin là, la radio a diffusé une drôle de chanson : « Des lendemains qui chantent », écrite en 1937 par le communiste Paul Vaillant-Couturier. Un utopiste, le Paul ! Depuis, les lendemains ont déchanté. Mais quand même ! Et s’ils chantaient à nouveau nos lendemains d’après confinement !

J’ai fait un rêve, comme Martin Luther King, un autre utopiste. J’y voyais des enfants heureux sur le chemin de l’école, des ouvrières et des ouvriers contents d’aller à l’usine, à l’atelier, sur les chantiers, des paysannes et des paysans de cultiver leur champ, des fonctionnaires de se rendre au bureau… Il y avait même des patrons ouverts au dialogue avec les syndicalistes, des technocrates soucieux d’écouter le peuple...

Je rêvais de peuples se libérant des imbéciles sanguinaires qui les gouvernent, je rêvais d’une Europe unie (de l’Atlantique jusqu’à l’Oural), d’une Afrique prospère, des Amériques sans Trump et sans Bolsonaro, d’une Asie sans le « communisme capitaliste de Monsieur Xi » , d’une Terre sans CO2… Et d’une jeunesse, « une jeunesse qui escaladait le ciel dans un cortège fraternel », comme dans la chanson de Paul Vaillant-Couturier.

Arrête ! C’est trop ! Faut pas rêver !

Si, si! Rêve, mon gars ! Remise ta morosité ! Regarde un peu en arrière, vers 1945. Tu allais naître bientôt. Des femmes et des hommes de la Résistance française avaient écrit un programme unique en son genre : il créait la sécurité sociale, bien utile en ces temps de crise sanitaire ; il renforçait la liberté de la presse de plus en plus précieuse en ces temps de « traçage » informatique ; il réaffirmait les droits des travailleuses et des travailleurs sans cesse menacés, et j’en passe… Ce programme du Conseil National de la Résistance s’intitulait « Les jours heureux ».

Alors pourquoi ne pas essayer de faire chanter les lendemains ! Cela nous fera peut-être des jours heureux. Quelques-uns ! Un peu plus !

Louis Le Méter.