Le billet de la semaine

Sauvons le Calva !

J’ai lu avec émotion l’appel au secours du président de l’interprofession cidricole normande, Didier Bédu, dans Ouest-France. Les ventes de calva ont chuté de moitié.  La faute au coronavirus. Quand on sait que le « spiritourisme » attire entre 250 000 et 300 000 visiteurs par an en Normandie, que le calva est exporté dans 80 pays, on mesure le désarroi des producteurs du précieux liquide.

Le président Bédu en appelle donc au patriotisme économique. « Il ne faut pas se contenter de visiter la Normandie, il faut la consommer », insiste-t-il.

Dans ma bulle

Pour garder mes distances, j’ai appris les « gestes barrières ». J’avance, masqué, dans une bulle comme tout un chacun qui  respecte « la distanciation sociale » qu’on peut définir comme une nouvelle façon de vivre avec ses voisins.

La nuit dernière, j’ai rêvé que nous étions des milliers et des milliers de bulles à déambuler dans la ville, comme dans un film de science fiction. Y’en avait de toutes les couleurs, de toutes les grosseurs aussi selon le gabarit des propriétaires. Soudain, un coup de vent a balayé les trottoirs et propulsé  dans les airs les promeneurs « embullés ».

Le sac à « phynances »

Un tribunal turc a inventé un motif d’inculpation, sorti tout droit de chez Alfred Jarry. Le journaliste Ender Imrek est poursuivi pour « injure en n’attribuant pas de belles qualités ».

Qu’avait donc écrit notre confrère du journal Evrensel ? Tout simplement : « Le sac brillait de mille feux. »  Pas de quoi en faire un incendie. Oui mais, ce n’était pas n’importe quel sac et sa propriétaire n’est pas n’importe qui.

L’ombre de Staline

L’ombre de Staline

Les salles de cinéma sont réouvertes !! Courez voir « L’ombre de Staline », un film de Agnieszka Holland, sur la vie du journaliste Gareth Jones, qui dénonça sans être vraiment entendu la famine en Ukraine organisée par Staline. L’Holodomor… l’extermination de la population par la faim. Notre « Tintin gallois au pays des soviets », lanceur d’   alerte avant l’heure, n’est pas au bout de ses peines pour clamer la vérité contre la « Pravda » omnipuissante de Staline et autres journaux internationaux. Bonne séance !!!

Tous coupables

Débaptiser des rues ou des salles dans des bâtiments publics, déboulonner des statues, un vaste chantier s’ouvre qui devrait pouvoir nous occuper un bon moment. Il n’est pas besoin d’avoir la peau noire ou d’avoir ses origines familiales dans une ancienne colonie pour sentir un certain malaise quand on passe devant des monuments édifiés en l’honneur de prétendus grands hommes ou dans  une rue portant le nom d’un général reconnu coupable de plusieurs massacres.  Mais faut-il vraiment supprimer toutes ces souvenirs d’une période gênante ?

« Eux, c’est Nous ! »

Sans contact ! Je glisse ma carte sur l’écran du récepteur bancaire. Sans contact ! Patates, carottes, oignons dans le sac à provisions. Le lait, le beurre … et le sourire de la caissière derrière sa visière.

Et moi ! Moi, derrière mon masque, j’observe ce monde d’après qui s’apprête, s’inquiète, se distance.

Quel avenir ? Une deuxième vague de coronavirus, une crise insurmontable, un chômage durable. Sur l’écran plat de la télé, les figures tutélaires des experts qui expertisent et disent tout et son contraire.

Le SARS-CoV-2 nuit à la santé de la presse

« Silence, on coule », c’était le titre d’un journal tunisien du 9 mai dernier sur la mort annoncée de la presse écrite dans le pays.  Malheureusement,  nombreux sont les journaux à travers le monde qui pourraient publier des articles comparables sur le même thème avec le même titre.  Déjà affaiblie par le développement des nouvelles technologies de l’information, la presse écrite est en souffrance partout où le SARS-CoV-2 est passé.  Quand on est confiné, on ne va plus au kiosque chercher son journal, à supposer qu’il soit imprimé et distribué.

La cabane ou le cocotier ?

La cabane ou le cocotier ?

« Sacrifiez les faibles ! Rouvrez ! » Vue à la télé, la pancarte de cette Américaine  manifestant devant le parlement du Tennessee met en évidence un cruel débat de société.

Il s’agit de l’âgisme, et plus précisément de la « lutte des âges » (lire le dossier de Courrier international du 20 au 27 mai). Les milléniaux (plus ou moins 30 ans) s’en prennent aux baby-boomers (plus ou moins 70 ans) et vice-versa. Sempiternelle chamaillerie entre actifs et retraités, travailleurs et rentiers...

Embrassons-nous Follevile, demain va être merveilleux

C’est vraiment incroyable : il y a encore des gens qui paraissent s’inquiéter pour l’avenir, sous prétexte qu’il y pourrait y avoir une deuxième vague de covid-19, voire une troisième, que des entreprises risquent de disparaître, que le chômage va se remettre à grimper, que les jeunes qui terminent leurs études ne vont pas pouvoir trouver de travail, que la dette de l’Etat augmente à toute  vitesse et qu’il faudra bien la rembourser un jour, que les impôts vont augmenter, etc.  La liste des sujets d’angoisse ne cesse de s’allonger.