La Bretagne largue les amarres [Chapitre 20 - Partie 3]

La Bretagne largue les amarres

Le référendum breton gagné - haut la main - restait l'indépendance qui alimentait les souverainistes du pays voisin, pas bien "franc" !

Tant qu'il y aurait des Che(u) et autres nobliaus d'une Vendée désormais fantasmée, face à Xi, le Goâ ne serait pas sûr.

C'est alors que le "ting-tang" de Brostec offrit son idée d'un "néo-britto-model" au pentagone - la France ci-devant hexagonale - puis plus avant à l'Europe.

Par un concours de circonstance, deux anciens responsables de haut niveau coulaient une paisible retraite en pays catalan : Castex, que par usure phonétique on n'appelle plus que Cast (comme Cast plus qu'un Saint-Cast noyé ou notre gast !), comme jadis (Fanch) Mitt.

Retiré à Montserrat ("okalm" - sms) après un séjour à Montségur, moins sûr, il y eut accès au fonds Bayrou sur les arcanes du royaume de France et de Navarre.

S'il coule une retraite paisible, il s'agace de la crise catalane. Maire de Prades, il avait accueilli l'Institut catalan en occitan, deux langues romanes soeurs, comme qui dirait vannetais de Guémené et badume* frère de Rostrenen.

La Catalogne partait à vau-l'eau entre particularisme valencien au sud, ère Alliot au nord. Pas peu fier, le Gascon, parent pauvre de la Romania, de sauver la mise de sourcilleux Catalans !

Or aux Baléares, enfin ce qui en restait, dans un 15m2 cosy d'une colonie allemande de Majorque, vit une certaine Angela, retraitée d'outre Rhin.

En visio, suggestion de l'ami Manu, à cause de possibles pandémies (néo-palu, variant oméga), Cast prit langue et ils mirent au point un projet européen visant à réintégrer la Generalitat.

L'idée de base : l'indépendance dans l'interdépendance. Pas nouvelle, non... Algérie française !

Elle permettait par un tout de passe-passe de prôner une (con)fédération d'Etats... nations. Trois points au lieu du tiret, le tour est joué ! Etats comme Espagne... nations : Catalogne, Galice, Navarre & Euskadi.

Les Basques, flairant la bonne occase d'une réunification, dirent Bai, OK. Appliquons ça à la Corse, la Sardaigne, la Sicile, le Kosovo et que sais-je plus à l'est !

Souverainistes... tous coincés !

A l'oral, seule chose qui compte de bouche à oreille en phone "arabe" beur, ce sera "Etats(-)nations", leur dada !

Reste à trouver un sigle qui évitera des noms imprononçables tel Maastricht, propres à de mauvais jeux de mots. Non, l'Entente Cordiale anglo-française ça ne le fait pas !

Angela avance Grosse - comme Große Koalition - ce qui passe nickel en occitan (provençal) : gròsso... Fédé ! Mieux que "confédé". Confer Allemagne fédérale, Fédération de 1790, chère à LFI, aux anars influents et autres habitués de manifs "tout thème tout terrain", ça pète non ?

A géométrie variable, intégrant nation régions - désormais "la même" - au sein d'une entité avec subsidiarité et tutti quanti (cf. Traité de Rome), comment s'y opposer ?

L'après Lassalle, pas un lit de roses. L'intérim ne tint pas un an, torpillé par cette obscure affaire dite "bas les roses !"

Le triumvirat du directoire capota lorsque Macron opta pour la banque (mondiale) ; on chercha l'appui d'ancien.ne.s politicien.ne.s, mais la tendance était à déserter la politique, l'un pour un retour aux assurances, l'autre pour école de commerce. Dati en exam, Ségo à sa bipolaritude, qui dame ?

Bref, en guise de troika, on se contenta du duo "Présidents" pour présenter le projet "Grossë Fédé" d'une France destinée à marquer l'Europe de son... j'ai avalé le mot.. ah oui, "s(c)eau" !

Mais un référendum restait risqué. On suggéra le "populocite" (pas populocide !), sorte de plébiscite au nom de couches "populaires", sésame pour se rallier le populisme.

La majorité étant inatteignable, on eut recours à rebours des deux-tiers qu'exige tout changement constitutionnel au simple tiers, tranchant sur un coin de table, dit-on : 33,34% des exprimés.

Quant à la nouvelle campagne présidentielle, on verrait bien. Chaque chose en son temps !

En attendant, les sondages étaient hauts : de 36 à 39% !

Brostec n'eut pas à faire campagne. La Bretagne ce n'était plus - ou pas encore - la France !

Au pire, comme au temps des ducs, ça finirait en hommage "simple" au "souverain" (peuple).

Ayant perfectionné son breton carhaisien depuis qu'il s'était rabiboché avec l'édile patoisant du lieu, notre lehendakari**(président) en sursis disait à qui voulait l'entendre : neb a vevo a velo !

Il ne s'agissait pas de "vélo", tout un symbole dans la ci-devant Carhaix-Plouguer capitale du Poher, non, mais de la prononciation en V (gaulois) du W (brit), l'équivalent de "qui vivra verra" !

*badume est le breton parlé "chez moi / chez nous" (ba du-m' !)

**lehendakari est le président d'Euskadi ("premier secrétaire" mot à mot en basque)

Francis FAVEREAU.
Tags: