Feuilleton

Epilogue

Epilogue

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire, grommela le major Coudurier, ça n’a ni queue ni tête ! »

Il venait de passer une matinée entière à lire scrupuleusement les lettres anonymes qui avaient été publiées par le Télégramme et sur le site de Paris Breizh Media. Elles étaient à l’origine de la plainte qui avait abouti à la gendarmerie de Brest car la hiérarchie du major avait jugé l’affaire sérieuse.

Le mouchard sur le toit (chapitre 19)

Le mouchard sur le toit (chapitre 19)

L’odeur prégnante de l’humidité se mêlait à celles de la pisse de chat,  de la poussière et de l’huile de moteur des engins de chantier abandonnés çà et là.

Le sol était jonché de cannettes de tous genres endormies sur un tapis de pierraille qu’on avait concassée et de blocs de béton dégringolés des parois.

L’écho des vagues filtrait par les hautes fenêtres veuves de leurs vitres.

Le mouchard sur le toit (chapitre 18)

Le mouchard sur le toit (chapitre 18)

Et pourquoi pas un dimanche ? Depuis plus d’un mois, avec ce confinement, il n’y avait plus de dimanche et de jours de semaine, la vie semblait s’être fait la malle et sous un cagnard de contrebande, la petite cité bigoudène paraissait aussi assoupie qu’un bled mexicain. Et donc, en ce chaud dimanche après-midi, Fanch Le Dantec, dit Gestapo, dit La Taupe, dit Tête-de-Nœud alla sonner à la gendarmerie. L’adjudant-chef voulait voir dare-dare le cafteur bigouden redescendu de son toit.

Le mouchard sur le toit (chapitre 17)

Le mouchard sur le toit (chapitre 17)

Julie tentait de consoler Germaine de la disparition de l’aïeule mais surtout de son homme.  Oui, en ce temps si court, il était devenu son mec. Et la légitime, la Marie-Laure, elle n’avait pas intérêt à se pointer à la ferme. Germaine se battrait bec et ongles. Un nouvel amour, une deuxième chance. Elle triturait son mouchoir à usage unique quand des pleurs d’enfant se firent entendre dehors. 

- Zoé ! appela Julie.

La fillette sanglotait.  

Le mouchard sur le toit (chapitre 16)

Le mouchard sur le toit (chapitre 16)

Candy, en dépit de son expérience, avait pâli. Ça ne rigolait plus.

Allait-il falloir descendre ce flic ? Ils n’avaient pas besoin de ça !

« Les mains en l’air, et fissa ! » articula Jim, son arme braquée sur le Rouquin ébahi, qui s’exécuta, tout en pensant à part soi que, finalement, une fois de plus, il avait vu juste. C’étaient bien des malfrats. Oui, mais en attendant il était mal barré.

Le mouchard sur le toit (chapitre 15)

Le mouchard sur le toit (chapitre 15)

Dans les campagnes bretonnes, les nouvelles courent plus vite que les ruisseaux ne dévalent les pentes lors des plus forts orages, surtout quand elles sont mauvaises, car il est bien connu que le malheur de ses voisins est toujours jubilatoire. À travers leurs rideaux, les gens du bourg avaient vu passer la fourgonnette de la maréchaussée. Il n’en fallait pas davantage pour affoler les langues. Malgré les interdictions, le bouche à oreille avait fonctionné. Sous le manteau, d’une fenêtre à l’autre, en pointant juste le nez sur le seuil.

Le mouchard sur le toit (chapitre 13)

Le mouchard sur le toit (chapitre 13)

C’est qu’on avait voulu un peu trop vite l’oublier, Mémé Coz, dans cette drôle d’histoire. Elle appartenait à la cohorte des invisibles, celle des vieux qui ne valent pas tripette et que l’on confinerait peut-être jusqu’à l’automne. Véridique ! Entendu au poste ce matin sur Radio Bonheur. Alors que des années de quatre saisons, les aînés n’en verraient plus beaucoup désormais. On la disait timbrée, zinzin – sa bru le prétendait – frappée de mutisme et quasi impotente.

Le mouchard sur le toit (chapitre 12)

Le mouchard sur le toit (chapitre 12)

De stupeur, Fañch loupa de peu le tour de rein en rattrapant ses jumelles d’une main sans desserrer les cuisses de son poteau. Par chance, il s’y connaissait question funambulisme, mais un tel engin, c’était impensable !!! Quand il en faisait encore bon usage, le sien ne dépassait pas le quart de ce qu’il entrevoyait… Il en avait suivi des ébats, des étreintes, des galipettes, des parties de jambonneaux, c’était même pour ça qu’il avait appris à jouer les monte-en-l’air. Il s’était bien rincé l’œil, et même les deux.