Coronavirus

J5, samedi21 mars 2020. CALMÉ

Fendre du bois

Je me suis calmé.

Fendre du bois ça calme. Toute l’énergie que l’on met dans le merlin qui s’abat lourdement sur la souche de chêne ou de châtaigner,  wouahhh… ça dégage un max de  joules ou de watts, je ne sais pas trop ; en tout cas, ça libère. Tchac ! D’un coup sec, la buche est en deux morceaux. Tellement énervé, j’en exécute quatre ou cinq d’affilée. Et tiens, celles-là je vais te les recouper encore en deux, et en moins de deux.  Et ça fera du petit bois pour démarrer le poêle demain matin. Tchac, tchac ! Et pour après-demain.  Re-tchac !  On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. On ne sait plus. On ne sait plus grand’ chose. Si  c’est ça, je vais m’en faire encore une.  Tchac…tchac…tchac…
C’est bon, je suis calmé.

COURS TOUJOURS !

Grand soleil et ciel bleu comme aux plus beaux jours de l’été. Ici, c’est le paradis en Sud-Bretagne.
Justement, je viens de me taper la cote du Paradis, sur la route du bord de mer, entre les plages de Dourveil (Névez) et de Kersidan (Trégunc). Je ne l’aime pas cette bosse. T’arrives en haut, c’est l’enfer dans tes poumons. Pffffff… Mais c’est surtout la vue qui coupe le souffle. L’île Verte, et Groix derrière ; devant sur la gauche, les Glénan. Penfret, Fort Cigogne. Je devine St Nicolas, la langue de sable de Guiriden. Mes destinations habituelles en voilier. Oui mais là, t’es sur ton vélo, mon pote. Fais gaffe à ta moyenne, pas le moment de rêvasser. Entraînement d’hiver oblige. Le nez dans le guidon, je fonce. De toute façon, en ces temps de Coronavirus,  il n’y a personne sur la route.

Tchernobyl, si loin, si proche

On n’en sortira pas. L’hiver a été horrible. L’un des pires de la décennie sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique. L’impression d’avoir vécu de longues, longues, longues semaines dans un aquarium aux reflets verdâtres. Confiné pour ainsi dire.
Les pluies et les bourrasques ont démarré dès la mi-octobre. Et n’ont suspendu leur terrible obstination que début mars. Mais à peine les premiers rayons de soleil s’attaquaient-ils joyeusement à la couenne de notre mélancolie que ce satané Coronavirus a pointé son museau et que sont tombées les consignes de confinement.

Journal de Survivance. Mercredi 18 mars. Les animaux sont sans rancune

J’ai de la chance. Bernard, alias BLS me l’avait bien dit : « Adopte un chien ! » Ah, les sorties, du soir au matin, été comme hiver, je ne l’ai pas toujours remercié… Aujourd’hui, je le bénis. Helfinne me promène, bien obligée. Pas question de la laisser enfermée, pôvrette, avec ses 35 kilos de poils, ses trois litres d’eau et ses 300 grammes de croquettes quotidiens. Elle se fait un peu prier, d’ailleurs, s’excuse presque quand nous mettons le nez dehors.