Journal de Survivance. Mardi 31 mars. Kenavo, Louise...

Yann Fanch Kemener, Eugénie Goadec et Louise Ebrel en 1997 à Kemper (Photo Eric Legret)

Tu n'aimerais pas qu'on soit triste, Louise... Au plus loin que remonte notre mémoire, tu nous faisais danser, le soir au petit bois, quand les nuits d'été étaient fraîches, dans tous les Fest-Noz d'été, et d'hiver aussi.
Ta voix, unique entre toutes, tes gwerz et ta gaieté. Toi,née au zénith de l'été en 1932, à Tréffrin, Côtes du Nord, en 1932, la fille de Job et Eugénie, l'une des célèbres soeurs Goadec, ton énergie a porté tous les noms du Kan ha diskan, Denez Prigent, Yann Fanch Kemener qui nous manque tant, Hervé Vilieu, Rolland Péron, Ifig Flatrès, les Ramoneurs de Menirs.
On ne veut pas savoir quelle vague t'a emportée. On espère juste que tu t'es endormie paisiblement dans le souffle du grand vent la nuit dernière et que tu as eu le temps de respirer les premières violettes dans ton jardin de Quimper.
Le granit breton va trembler sous les hommages. Mais, Louise, tu garderas les pieds sur terre. Et toi qui au fil des ans était devenue notre grand-mère à tous, il faudra que tu nous dises, de là haut, comment chanter encore, comment danser toujours, comment vibrer et dégager la chaleur du coeur, la vraie, celle qui soigne et guérit toutes les peines.
Tu nous diras, Louise, n'est-ce pas, comment garder intacte la joie ? On compte fort sur toi !

Par Frédérique JOURDAA.