Interpellation

mafia

Titre de la chronique hebdomadaire de l’écrivain Marc Dugain dans Les Echos week-end, vendredi dernier : « Omerta Bretonne ».

De quoi nous interpeller, non ? L’idée est qu’il devient impossible  de critiquer le « lobby agrochimique » en Bretagne. Pourquoi Dugain, habitué de Bénodet, me dit-on par ailleurs, en parle-t-il maintenant? À cause du procès intenté à Saint-Malo contre Timac agro, filiale du groupe Roulier, qui émettrait des quantités excessives d’ammoniac dans l’atmosphère. À cause aussi de la pétition « Défendons la liberté d’informer sur le secteur agro-alimentaire » circulant depuis fin avril et signée par quelques journalistes. La pétition évoque notamment les nouvelles réglementations sur le secret des affaires dont les associations et syndicats de journalistes se sont inquiétés par ailleurs mais aussi procès, éditeurs dissuadés d’éditer etc. En arrière plan de la pétition et de l’article les difficultés de Inès Léraud qui s’est fait connaître notamment par la BD « Algues vertes, l’histoire interdite », mais a eu aussi des ennuis pour d’autres enquêtes et reportages. Pour Marc Dugain « une chaine de solidarité active s’est créée entre syndicats d’agriculteurs, banques, industrie des engrais et pesticides, une certaine presse régionale et des groupes industriels agricoles ». Ce seraient joints à eux « des représentants de l’intérêt général, services décentralisés de l’Etat, élus locaux et régionaux, agences de l’environnement, ministres, pour former une masse protéiforme hostile à toute transparence ».

Cette intrusion réelle ou supposée de la culture sicilienne en Bretagne mériterait que nous en débattions sur ce site ou, pourquoi-pas, en live dans une future soirée de ParisBreizhMedia. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Claude Hazera