Coronadétritus: enfin je maigris youpi!

 Depuis quelques mois...euuuh peut-être un peu plus. Depuis des années donc je fais le yoyo, entre 100 et 105 kilos, rêvant douloureusement de passer sous la barre symbolique des 100. Eh bien, cette saloperie de coronadétritus a quand même réussi un miracle. Me faire chuter de mon piedestal de membre émérite des poids lourds, estampillés comme tels (celui qui dit "obèse" il prend une tarte). Au prix d'un régime drastique certes mais efficace. Contraintes des temps anxieux obligent. Pas plus de 100 grammes de pâtes sur la balance de cuisine avant de les lâcher dans l'eau bouillante, une seule cuisse de poulet en plat de résistance au lieu de deux, trois œufs sur le plat au lieu de 4. Eau à  volonté, mais si mais si. Et tout çà pour afficher, avec fierté, 98,3 kilos au dernier pointage de la balance qui pour une fois me parle gentiment.

Adieu mon quintal replet, généreusement sustenté aux délectables nourritures terrestres puisées aux meilleures tables. Ah! les rognons roboratifs des Routiers (rue Max Dormoy), les araignées écarlates du Crabe Marteau (rue des Acacias) barbotant dans la mayonnaise maison , le kouign aman délicieusement nocif de la Pointe du grouin (rue de Belzunce), l'inoubliable gateau de foie de volaille de chez Denise (rue des Prouvaires). Ah ! Les tartines de sardines fraîches marinées de Chez Hubert  à Beg Meil: une gourmandise à contaminer un évêché. Aaaaah ! Le foie gras poêlé du père Guy de la Taupinière à Pont-Aven : une tuerie à ringardiser les étoilés Michelin les plus émérites. Gloups ! la graisse salée, le délice réservé aux initiés du sud Finistère. Du pur cholestérol en tartine, quel régal...

Oublions, oublions...Le cap est clair -atteindre les 90 kilos d'ici la fin du cauchemar- mais la route semée d'embûches. Dans mon univers confiné de 70 m2  le match entre le vélo réparateur et la télé émoliente est inégal. Coktail effort-sueur aux senteurs masos d'un côté. Frivolités et lâcher-prise relaxants de l'autre. Le choix est vite fait.
Entre deux annonces anxiogènes sur le coronadétritus la télé continue certes à dévider imperturbablement ses émissions anachroniques, préenregistrées du temps où l'on se disait bonjour sur les plateaux en se touchant les épidermes faciaux. Mais Zorro et Colombo sont revenus : youuupi! Mais aux  « 12 coups de midi », Eric, l'érudit tous terrains venu de Mellac, écrase jour après jour tous les autres concurrents. Sûr qu'il il n'a pas la mémoire mitée d'un curé pédophile notre Pic de la Mirandole breton !

Et puis il faut céder à toutes les autres tentations peu dépensières en calories. La lecture : je relis « Picou fils de son père » du guingampais Edouard Ollivro, un pur chef d'oeuvre. Les variétés : je renoue avec le disert et turbulent Georges Brassens au fil de mes vieux CD. La contemplation aussi. De son balcon Jean-Pierre Pernaud entend dit-il le silence « apaisant et angoissant . Moi, comme Brassens, « de mon balcon je vois passer les cons »...
Et puis et puis la réflexion! Et Dieu dans tout çà, je vous le demande ? Je voulais justement le demander au père François, le gars de Rome qui a, dit-on, le contact direct avec le Très Haut. Injoignable !  Alors, après mur(g)e réflexion je peux le proclamer urbi et orbi :  Dieu n'existe pas, mais qu'est-ce qu'il est chiant.

Par Paul BUREL.