Le mouchard sur le toit (chapitre 5)

Le mouchard sur le toit (chapitre 5)

Marcel tournait en rond dans la salle, perdu dans une maison inconnue sans téléphone, dans un village dont il ne connaissait pas le nom, avec Germaine et sa vieille mère, confiné et surveillé, dessaoulé certes, mais l’esprit encore embué par la soirée chez Joseph Kersalé à La Torche. Quelle route avait-il pris à la sortie du bar, combien de kilomètres avait-il parcouru ? Pas beaucoup dans l’état où il était ! Pas rasé, dans des vêtements hors d’âge, le visage fripé, il avait une allure de jeune vieillard, il se fit peur en se regardant dans ce qui avait dû être un miroir.

Le coq, le crocodile et le pangolin

Coq (Nono)

J’ai vu le coq prendre un bain de pieds dans la mare aux canards. D’habitude, il boit dans sa gamelle et se roule dans la poussière avec ses cinq poules.

Qu’est-ce qu’il lui prend ?, me suis-je demandé. Les canards, itou. Ils ont accosté et se sont dandinés en hochant la tête avec des coin-coins agacés. « Mare nostrum ! Quoi, merde ! Un gallinacé vient nous polluer notre espace liquide vital », ai-je cru deviner de leurs échanges.

Le mouchard sur le toit (chapitre 3)

Le mouchard sur le toit (chapitre 3)

Cela faisait un moment que Fanch le Dantec était au courant du surnom dont on l’avait affublé dans le coin : Gestapo. Du temps où il était encore sensible -depuis, heureusement, ça c’était amélioré- il en avait même chopé un ulcère, qu’il avait soigné comme il pouvait. A coup d’emplâtres. Puis, il avait fini par en prendre son parti. Il s’était installé dans ce bourg perdu, aux confins du Finistère pour sa retraite. Le paradis au bout de la terre. Il avait assez vite déchanté jusqu’à regretter son passé de citadin dans la police.