Méheut, Cabu et la Vallée des Iris pour clôturer 2018

La dernière soirée Paris Breizh Media de l’année 2018 s’est déroulée, jeudi 20 décembre, à la maison de la Bretagne à partir de 19h30 sous le signe du beau livre et de l’illustration de presse ou de carnet de voyage. Avec au menu trois nouveautés : 

- Lettres de Mathurin Méheut à Yvonne Jean-Haffen de Denise Delouche et Anne de Stoop, Ouest France 

- Cabu : une vie de dessinateur, de Jean-Luc Porquet, Gallimard 

- La Vallée des Iris, d’Alexis Gloaguen et de Nono, Editions Dialogues 

Soirée animée par Gwenaëlle Abolivier et Jean-Yves Ruaux dont les questions croisées ont permis de faire dialoguer nos invités et d’obtenir de nouveaux éclairages.

La pétillante Anne de Stoop a ouvert le bal par une évocation de l’œuvre du peintre de marine Mathurin Méheut dans sa diversité, son parcours et ses influences. Elle a poursuivi par une présentation de la correspondance échangée, pendant plus de trente ans, avec Yvonne Jean- Haffen. Avec beaucoup d’enthousiasme et de fraîcheur Anne de Stoop nous a invités à redécouvrir ce peintre, ami de Colette, qui savait « regarder dans une mare d’eau de mer » et admirer l’œil de la crevette ! 

Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard Enchainé, a rendu compte de son étude encyclopédique sur Cabu à partir d’archives conservées depuis ces débuts, à l’âge de 13 ans.  Il nous a parlé de sa méthode de travail, à mi-chemin entre celle du dessinateur et celle du reporter, et de la façon dont il gardait mémoire des visages en les fixant à travers des catégories. Jean-Luc Porquet a passé une grande partie de sa carrière aux côtés de son ami Cabu originaire de Châlons-en-Champagne où vient d’ouvrir la « Duduchothèque ». Avec Alexis Gloaguen et Nono, nous sommes partis sur les chemins du Haut-Atlas marocain et à la découverte des populations berbères. Nono a raconté son expérience du dessin de presse (dans la manière de ressaisir les visages et en rapprochant sa démarche de celle de Cabu qu’il connaissait également). Alexis Gloaguen, écrivain naturaliste, nous a fait le grand plaisir d’une lecture à voix haute parlant des montagnards qui communiquent «   dans le silence de Beckett » ainsi que de leurs enfants et de leur soif de savoir. Nous avons terminé sur la perception du monde des animaux, qui n’est pas si étrangère à celle des caricaturistes, et par une évocation de l’analyse qui en est faite par Kant ! Nous étions fin prêts pour une dégustation de crêpes, de Paris-Brest et autres douceurs arrosées de cidre brut et autres breuvages. Le temps des dédicaces et des échanges animés entre les personnes présentes était ouvert ! Et comme vous vous en doutez, toute cette soirée fut croquée par Nono qui resta tout au long, fidèle à ses crayons et qui, ensuite, nous a fait le grand plaisir d’un affichage !  
 

Gwenaëlle Abolivier