Les journalistes, une espèce en voie de disparition?

Soirée PBM le 7 nov 2019, les invités

Pour répondre à cette question, Paris Breizh Média a invité Claire Léost, Directrice générale de CMI France (Elle, Public, Télé 7 jours, Mariane…), Hubert Coudurier, PDG du Télégramme, mais aussi Président de Tébéo et Tébésud) et Johan Hufnagel (Fondateur de Loopsider, ex-directeur des éditions de Libération, ex-rédacteur en chef à Slate et 20 minutes). Trois profils bien différents qui ont été interviewés par notre confrère Lionel Gaillaud, spécialiste médias et enseignant à l’IPJ Paris Dauphine

Pour Claire Léost, un premier constat : les revenus publicitaires se sont taris, les GAFA ont tout ponctionné ou presque. Résultat : moins d’argent et donc moins de journalistes sur le terrain. Un exemple ? « Lorsque j’étais directrice de Paris Match, lors des événements de Mossoul en Irak, il y avait seulement 3 journalistes sur place : notre correspondant de Paris Match, celui du Monde et celui du New York Times. »

Pour Le Télégramme, qui est passé su 16e au 4e rang de la PQR, Hubert Coudurier souligne également que le problème est la monétisation du contenu. « Notre audience a été multipliée par deux avec la TV et le Web et pourtant nos ressources n’ont pas suivi la même croissance ». Et de préciser : « L’avenir passe donc par la qualité et pas forcément la quantité. » Ce qui reste rassurant pour les journalistes ! Pourtant, « avant ce qui était vrai était écrit dans le journal. Aujourd’hui, c’est l’inverse… » reconnaît le patron du Télégramme.

Enfin, Johan Hufnagel mise tout sur le numérique. Et donc la vidéo. Avec 5 contenus produits par jour, Loopsider s’adresse principalement aux jeunes : son contenu est formaté pour le mobile via les réseaux sociaux. « Loopsider part de l’usage de notre cible en utilisant leurs codes », explique son patron. « Nous avons entre 50 et 60 millions de vidéos vues chaque mois sur Facebook. L’âge moyen de nos « téléspectateurs » change selon le media : 40 ans sur Facebook, 19 ans sur Snapshat et 24 ans en moyenne sur Instagram. Et 65% de filles !

Pour Claire Léost, « il faut abattre le mur entre le marketing et la rédaction ». Un travail de longue haleine… Un pas que semble avoir franchi Loopster qui n’hésite pas à trouver le bon angle pour rebondir sur l’actualité, même si elle ne semble pas en adéquation avec sa cible ; « Nous avons fait 1 million de vues sur une archive de George Brassens pour l’anniversaire de sa mort ! »

De son côté, Claire Léost remarque que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Notamment les règles juridiques. « Le cadre légal n’est plus adapté et il existe de grandes différences entre les médias traditionnels et les réseaux sociaux. On peut être condamné pour la publication d’une photo parue dans nos magazines… qui pendant ce temps va circuler sur les réseaux sociaux ! »

Notons également l’intervention de notre confrère Antoine De Tarlé. Son dernier livre « Fin du journalisme ? Dérives numériques et manipulations » sortie en mars dernier aux éditions de l’Atelier en faisait un interlocuteur privilégié !

Enfin, n’oublions pas notre consœur Gwénaëlle Abolivier venue présenter son dernier ouvrage : « Tu m’avais dit Ouessant » paru il y a quelques semaines aux éditions Le Mot et le Reste.

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