C'est l'été : Paris Breizh Media part en voyages

Guide Routard

C'est sur une note iodée que Paris Breizh Media a bouclé le 28 juin sa saison 2016-2017. Au restaurant du Crabe Marteau plein... comme un crabe des beaux jours, les journalistes bretons de Paris et leurs invités ont eu le temps de faire deux tours du monde, tout en faisant escale à Brest. L'un sous la houlette de l'inusable Philippe Gloaguen, le père du Guide du Routard, accompagné de son rédacteur en chef Pierre Josse. L'autre au fil des voyages-reportages des vannetais Claire et Reno Marca. Retour au pays, en Bretagne, à Océanopolis avec comme guides Phillippe Mathieu et Stéphane Maby.

Phlippe Gloaguen, Le Guide du Routard

2,5 millions de "guides du routard" vendus chaque année rien que pour les éditions françaises. Depuis sa création en 1973, le bébé du breton Philippe Gloaguen a bien grandi. Il continue à faire la course en tête, lui qui avait été refusé à l'origine par 19 maisons d'édition!

-"Au début le client du routard c'était le jeune désargenté qui voyageait en stop et logeait au camping ou en auberge de jeunesse. Depuis il y a eu fidélisation et un effet cumulatif de générations".

-"En France le guide le plus vendu c'est la Corse devant la Bretagne (à cinq départements). Pour la Corse il y a une explication singulière. Les gens achètent le guide pour ne pas commettre d'impairs...Les guides s'achètent souvent pour un besoin de sécurisation. Plus on part loin de ses bases, plus on achète. Comme par exemple au Pérou".

-"La recette c'est de fournir des piqures de culture sans avoir l'air d'y toucher. C'est l'anti "guide bleu". Il y a de la culture mais on fait semblant de ne pas en avoir".

-"Le grand succès du Routard c'est que les gens n'ont aucun doute sur notre sincérité, même quand ils ne sont pas d'accord"."Plus on est honnête, plus c'est payant. Je ne parle pas de morale. C'est très rentable d'être sincère".

-"On n'a pas eu peur de dézinguer le mythe de Che Guevara. A souligner ce qu'on ignore trop souvent, à savoir que celui qu'on appelait "le petit boucher" (el canicerito) a tué lui-même au pistolet un grand nombre de personnes quand il était directeur de prison à La Havane".

-"Aujourd'hui plutôt que les grandes régions vive les les guides de terroirs. J'ai démarré avec la Presqu'ile de Rhuys, aujourd'hui c'est le Golfe du Morbihan. On en est au 15ème. Ca marche bien. Il y a une attente de deux ans".

 

Philippe Mathieu directeur général de Brest'Aim et Stéphane Maby, directeur d'Océanopolis

Pour se dépayser agréablement cet été il n'est pas nécessaire de faire des milliers de kilomètres. Passez à l'ouest, partez à Brest, grâce notamment à la nouvelle LGV qui permet la liaison en 3h25. Le saviez-vous? Brest est le plus grand port de plaisance de Bretagne. "Sa rade est juste magnifique, c'est une zone naturelle incroyable, un écrin plein de petits ports de pêche",rappelle Stépahen Maby. Bref, un lieu idéal pour fêter du 13 au 16 juillet les 25 ans de la goélette La Recouvrance. Pour faire bonne mesure La Recouvrance sera accompagnée d'une cinquantaine de vieux gréments de tous gabarits; gabares, lougres, dundees, sloops etc. Sept d'entre eux embarqueront un millier de passagers durant ces trois jours de fête. Inscrivez-vous en ligne. Stéphane Maby voit déja plus loin. "J'espère que cela donnera l'idée de faire de Brest un port de départ pour la découverte de la rade et de son patrimoine, qu'on ne connait pas assez"."

Brest possède aussi un joyau maritime encore trop méconnu, Océanopolis, un parc de découverte des océans magnifique qui attire déjà 440000 visiteurs par an (dont 35000 scolaires). Ce qui en fait le site touristique payant le plus visité de Bretagne. Avec quatre pavillons dédiés: Bretagne, polaire, tropical plus le sentier des loutres. 

Ici "pas question de faire du spectaculaire pour faire du spectaculaire" comme le font certains aquariums, assène Philippe Mathieu. A Brest le modèle c'est Monterey en Californie, pas Marineland ou Seaworld. Le but est à la fois "d'émerveiller le visiteur et de le sensibiliser aux écosystèmes marins". Ici science, pédagogie et spectacle font bon ménage. Créé par des scientifiques Océanopolis reste fidèle à sa vocation d'origine. Y compris celle d'accueillir les phoques blessés pendant les tempêtes en hiver. Jusqu'à la quarantaine de phoques ramassés entre St Malo et Le Croisic. Océanopolis propose aussi aux entreprises d'organiser des événementiels dans ses murs, devant des spectateurs aquatiques de toutes espèces.  

 

Reno et Claire Marca, auteur de récits de voyages

Elle est auteur, lui photographe-dessinateur. En 2000, après des études d'architecte, ils décident de "partir". Armés simplement d'un appareil de photo, d'un carnet, d'un stylo et d'une formidable volonté de faire des rencontres, de recueillir des témoignages, des tranches de vie. Ce périple initiatique qui leur fera visiter 25 pays et quatre continents durera trois ans pour aboutir à "3 ans de voyage", un superbe ouvrage publié par les éditions La Martinière "qui n'ont pas eu peur de casser les codes des carnets de voyage."

Le pli est pris. Entre deux escales chez lui au bord de la ria d''Etel, et deux expos à Douarnenez ou Paris (galerie 26, place des Vosges) le couple repart régulièrement au loin, pour ramener "des histoires, des émotions, des regards", comme le résume leur ami Nono. Au prix de quelques situations cocasses, inédites sinon dangereuses. Le 11 septembre 2001 ils étaient à la frontière pakistanaise et les Chinois ne les ont jamais laissé passer. Le jour où les Américains ont arrêté Ben Laden ils étaient à Dubai...

Depuis dix ans ils vont régulièrement, au moins une fois par an en Algérie ("Soyez les bienvenus", "Algérie gourmande"). "Un pays où la situation est "très changeante et très impactée" par les médias. "On parle plus en français en Algérie qu'au Maroc" "Les Algériens ont beaucoup perdu mais pas leur humour." "En observant les règles on n'est jamais empêché d'aller nulle part." "On ne peut pas faire plus plus plaisir à un algérien que de lui dire qu'on vient pour le plaisir de la découverte".

"Pour la photo il y a des endroits difficiles, notamment en Afrique dans le monde musulman, pour les femmes. Il peut y avoir des situations inversées. En Somalie les femmes nous demandaient à être prises en photos".